Fusée Expérimentale 2004: Le Reflux
Lancée le 18 juillet 2004 à la Belgian Lanching Campain (Bertrix)
Objectifs
1) Tester un « module universel » comprenant un microprocesseur
conçu pour pouvoir être utilisé pour des expériences très diverses
lors de tirs futurs;
2) Connaître la position de la fusée grâce à un module GPS
embarqué;
3) Mesurer l’accélération de la fusée pour en calculer la vitesse;
4) Mesurer la pression de l’air autour de la fusée afin de
calculer l’altitude atteinte;
5) Transmettre toutes ces données directement au sol grâce à
notre émetteur embarqué.
Structure générale de la fusée
La fusée est réalisée dans un tube en aluminium de 67 mm de diamètre
et 3 mm d’épaisseur. Elle est composée du moteur surmonté d’une
case parachute dont la porte s’ouvrira au sommet de la trajectoire
pour laisser sortir le parachute. Au dessus de ce système de
récupération, nous avons la case électronique qui contient
les expériences que nous avons imaginées. Dans l’ogive nous avons
placé les piles et l’antenne de l’émetteur.
La fusée mesure 1m 08cm et pèse 3,08 Kg.
Moteur
Le moteur de la fusée, appelé FARO, que nous avons développé est composé principalement de perchlorate d’ammonium et de polyuréthane. Il fournit une poussée moyenne d’environ 300 N (soit l’équivalent de 30 kg) pour une durée de combustion de 1 seconde et une masse de poudre de 250 grammes.

Courbe de poussée des moteurs FARO V01 et V02 (version Vol)
Expériences embarquées
Cette année nous nous sommes concentrés sur la conception et la
réalisation d’un « module universel » composé d’un microcontrôleur,
d’une mémoire, d’un bus de communication et de nombreuses entrées/sorties
digitales et analogiques. Ce module universel nous permettra
dans le futur de piloter des expériences très diverses. Nous
testons donc ce concept dans notre fusée « Le Reflux ».
Ce module universel contrôle cette année
* un GPS pour connaître la position de la fusée,
* un capteur d’accélération pour mesurer l’accélération et
calculer ainsi la vitesse de la fusée et
* un capteur de pression qui permettra de connaître l’altitude
de la fusée.
Ces données seront stockées dans la mémoire Flash du module universel
mais elles seront aussi retransmises au sol grâce à l’émetteur
(bande 70 cm) que nous avons développé et qui est embarqué dans
la fuse.é
Campagne de lancement.
La fusée a été lancée le dimanche 18 juillet 2004 lors de la
« Belgian Launching Campain » (BLC04). Cette campagne de lancement
est organisée chaque année par l’Euro Space Center de Redu
et a
eu lieu sur le terrain militaire de Bertrix dont le survol
était interdit pour l’occasion. Lors de la BLC04, une fusée du
club
flamand et une d’un club hollandais ont aussi été lancées.
Quelques jours avant le lancement, nous avons eu des problèmes
de réception avec l’unité GPS qui n’était donc pas active lors
du lancement.
Vol de la fusée.
Le vol de la fusée ne s’est pas déroulé comme prévu, suite à un
dysfonctionnement de notre moteur. Comme on peut le voir sur
les photos ci-dessous, une ouverture latérale s’est faite dans
le bas du moteur (flamme visible à gauche, à la base de la
fusée) ce qui fait que la fusée est partie sur le coté et a tourné
dans
le ciel avant de retomber à quelques dizaines de mètres de
la rampe après environ 10 secondes.
Il n’y a eu aucun risque pour les spectateurs, placés à 300m
de la rampe de lancement.

Selon nous, cette ouverture
a été crée à cause d’un mauvais ajustement de la tuyère au tube
moteur. En effet, ces
deux pièces ne s’emboîtaient
pas parfaitement et il y avait un petit espace entre elles.
Nous avions mis un tour de toile téflon pour combler cet interstice
mais cela n’a pas suffit (on voit les restes de la toile qui
sortent du moteur) et les gaz de combustion à plus de 1500°
se
sont engouffrés dans l’espace ce qui a fragilisé l’aluminium
du moteur qui a cédé partiellement sous la pression (environ
50 bars).
Il est donc clair que nous devrons apporter une attention particulière
à la réalisation des pièces mécaniques et à leur ajustement.
Malgré ce problème, nos expériences électroniques ont très bien
fonctionné et grâce à l’émetteur, nous avons reçu toutes les
données d’accélération et pression sans problèmes.
Analyse des données de vol.

L’analyse de ces données montre que la fusée a eu une accélération
maximale de 15G (point 1) ce qui nous permet de calculer qu’elle
avait une vitesse maximale de 260 Km/h. Suite à la formation
de l’ouverture dans le moteur, la fusée a tournoyé dans le ciel
en subissant une forte accélération négative (point 2). Grâce
à la mesure de pression de l’air (elle diminue avec l’altitude),
nous calculons que la fusée a atteint une altitude de 170 mètres
(point 3) au lieu des 600 mètres initialement prévus. La fusée
est ensuite redescendue relativement lentement (point 4), probablement
à cause de la rotation de la fusée (effet « hélicoptère ») et
a touché le sol 10 secondes après le décollage (point 5 – choc
des instruments).
Malgré le problème du moteur, nous sommes très contents des mesures de pression
et d’accélération faites par notre module universel avec son microprocesseur.
De plus les mesures ont été retransmises avec succès par l’émetteur (bande 70
cm) que nous avons réalisé. Un point noir reste toutefois l’échec du GPS qui
n’a pas fonctionné car l’ogive de la fusée réduisait la réception des signaux
satellites.
Nous tirons donc un bilan global positif de cette fusée « Le Reflux » car ces
expériences électroniques constituaient notre objectif principal.
