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Lhomme aux mains
greffées commence à bouger les doigts
A l occasion
de sa première apparition en public depuis l opération
, Denis Chatelier, 33 ans, le premier homme à avoir subi une double
greffe des mains, s est présenté , hier, à
Lyon, comme un « grand, grand battant » . « Je me suis
battu jusqu au bout et j ai tenu le coup ».
Le jeune patient est arrivé en fauteuil roulant, le teint pâle
mais le sourire aux lèvres, avant de brandir en l air ses
deux bras plâtrés. « On m a dit accroche-toi
à la branche et je me suis dit, Denis, bats-toi », a-t-il
déclaré à l hôpital Edouard-Herriot
de Lyon .
« Aujourd
hui je suis très, très content parce que plus tard
je pourrai caresser mes gamins, m amuser avec eux, c est
ça l essentiel ».
Denis Chatelier, un peintre en bâtiment , avait perdu ses deux mains
en 1996, en fabriquant une fusée artisanale. Quatre ans, jour pour
jour, après l accident, l équipe du P r Jean-Michel
Dubernard lappelait pour subir lopération. Le jeune
père de famille avait été « très ému
» par l opération du Néo-Zélandais Clint
Hallam, le premier homme à se faire greffer la main d un
autre, en septembre 1998, par la même équipe médicale.
« Quand javais vu Clint Hallam, ça m a vait
donné beaucoup d espoir, et je m étais dit
pourquoi pas moi ? ».
« On m
a redonné goût à la vie, maintenant jai deux
vraies mains », a-t-il poursuivi. Il a légèrement
fait bouger lextrémité de sa main droite .
Le Pr Dubernard, « patron » de lopération, a
, de son côté, rappelé lesprit de « marathonien
» du patient. Il est « dans un état excellent »,
25 jours après la double transplantation, a poursuivi le Pr Dubernard.
La cicatrisation est, selon lui, complète, les poils et les ongles
repoussent et le traitement immuno-suppresseur est bien supporté.
« Il n y a pas de signe de rejet », a-t-il précisé,
soulignant que le greffé doit quitter lhôpital à
la fin de la semaine pour un centre de rééducation spécialisée

Denis Chatelier en compagnie du professeur Dubernard (à droite)
, chef de l'équipe internationale de 18 chirurgiens qui a
réussi la double transplantation le 13 janvier . (Photo AFP) 
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Le lundi 14 janvier
2002
Le premier greffé des deux mains a retrouvé "sensibilité
et motricité"
Agence France-Presse Lyon
Denis Chatelier, "le premier homme au monde à vivre avec les
deux mains d'un autre", a retrouvé une "sensibilité
presque normale et une motricité satisfaisante" de ses mains,
deux ans après l'opération, a annoncé lundi à
Lyon le Pr Jean-Michel Dubernard, qui avait dirigé la double allogreffe.
La motricité
des mains est réapparue il y a un an environ et ne cesse de progresser
grâce à la rééducation, s'est félicité
le chirurgien entouré de son équipe, lors d'une conférence
de presse de "bilan à deux ans", en présence de
Denis Chatelier. Celui-ci avait été greffé le 14
janvier 2000 après avoir perdu ses deux mains en fabriquant une
fusée artisanale.
Denis Chatelier,
qui s'est déclaré "très, très content"
de pouvoir utiliser ses mains pour la quasi-totalité des actes
de "la vie de tous les jours" a rendu hommage à Clint
Hallam, le Néo-zélandais bénéficiaire de la
première greffe d'une main réalisée également
par l'équipe du Pr Dubernard en 1998. Celui-ci s'est cependant
fait amputer en février 2001 à Londres après avoir
abandonné son traitement anti-rejet.
Clint Hallam vient de demander une nouvelle greffe de la main, par message
électronique au professeur britannique Nadey Hakim, qui l'avait
amputé, a annoncé le Pr Dubernard.
Le chirurgien, qui n'a souhaité faire aucun commentaire sur cette
demande, a cependant souligné que sans Clint Hallam "aucune
greffe n'aurait été réalisée".  |
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Greffe des
deux mains : un bilan positif, selon le pr Jean-Michel Dubernard (Reuters
Santé)
PARIS, 26 juin (Reuters Santé)
La première
greffe de mains (en provenance d'une autre personne que le receveur) réalisée
à Lyon en janvier 2000 chez un homme de 33 ans, Denis Chatelier,
amputé au niveau des poignets à la suite d'une explosion
donne satisfaction, selon un bilan présenté mardi par le
Pr Jean-Michel Dubernard (Hôpital Edouard Herriot à Lyon)
devant l'Académie de médecine.
Deux ans après la transplantation, le résultat global et
fonctionnel est "très satisfaisant", selon le Pr Dubernard
et son équipe qui remarquent tout d'abord que le traitement immunosuppresseur
(traitement anti-rejet) "est efficace et bien supporté".
Deux épisodes de rejet cutané survenus au 53ème et
82ème jour postopératoire ont été facilement
contrôlés.
A deux ans, le patient a trouvé une mobilité passive qui
permet l'enroulement presque complet des doigts bien que la mobilité
active soit limitée par les tensions musculaires. En pinçant
le pouce et l'index, le patient peut soulever 800 grammes au niveau des
deux mains. Parallèlement est apparue une sensibilité de
protection à la douleur, à la température et une
sensibilité au contact léger.
Le gain en autonomie est important par rapport à l'état
préopératoire qu'il s'agisse de l'hygiène personnelle,
de l'habillage, des repas, des activités ménagères
ou autres. Il se traduit par l'acquisition de nombreuses activités
manuelles jusqu'alors impossibles (écriture, utilisation de ciseaux,
port de charges) ou qui nécessitaient des aides techniques : ouverture
d'un bocal, manipulation d'une fermeture éclair, utilisation d'un
téléphone portable.
De ce bilan, on retiendra surtout que, pour la première fois, le
professeur lyonnais évoque les modifications apportées au
fonctionnement du cerveau. Des examens d'imagerie médicale par
IRM ont mis en évidence une "plasticité" cérébrale
caractérisée par un remaniement global des représentations
sensitives et motrices des membres supérieurs qui vont dans le
sens d'une "réversibilité" des réorganisations
cérébrales induites par l'amputation.
Avant la greffe, les mouvements des doigts de la main droite et gauche
entraînaient une activation de la partie la plus latérale
de la région de la main proche de la représentation de la
face. Six mois après la greffe, la représentation des deux
mains se déplace pour occuper entièrement la région
normalement dévolue à la main.
"Les mains greffées sont rapidement reconnues et intégrées
par le cortex moteur primaire. Cette intégration s'accompagne d'un
remodelage global des représentations des membres supérieurs".
Autre bilan encourageant, "sur le plan psychologique, l'appropriation
des mains a progressé avec leur récupération fonctionnelle.
Les greffons, en permanence sous le regard du patient et des autres, ont
induit un système de défense particulier : le déni",
a ajouté le Pr Dubernard.
Le déni consiste à penser en même temps des choses
contradictoires sans que cette contradiction pose problème. Par
exemple "je sais que la main greffée est celle d'un cadavre"
et "je ne veux pas le savoir". Le déni ne fonctionne
que s'il y a un clivage du psychisme, une partie pensant une chose et
l'autre partie l'inverse, ceci permettant la contradiction. "Nous
devons constamment défendre notre identité et c'est la raison
de la nécessité du déni", souligne le Pr Dubernard.
Dans une autre étape, le patient doit apprivoiser la main comme
une adolescente doit apprivoiser et découvrir son nouveau corps.
Or, rapporte le professeur lyonnais, le premier patient a eu cette réaction
: "je touche ma main, et c'est comme une vieille amie", attestant
d'un contrôle de la main greffée. "La nécessité
du déni est moins grande et la pensée de l'existence du
donneur moins dangereuse", ajoute le Pr Dubernard./yg
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